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Fort d'une personnalité attachante et sensible, d'une verve croustillante, d'une poésie truffée d'argot, d'un humour volontiers caustique, d'un folk-rock inventif, bref d'un style qui n'appartient qu'à lui, Renaud peut s'enorgueillir d'un parcours sans faute. Comme le prouve cette compilation de 30 titres qui s'échelonnent chronologiquement tout au long de deux albums. Sur le premier figurent des chansons enregistrées de 1977 à 1985, de son deuxième album, Laisse béton, à son septième, Mistral gagnant. Avec les principaux tubes de son répertoire d'alors, "Laisse béton", "Ma gonzesse", "Marche à l'ombre", "Manu", "Morgane de toi", "Miss Maggie" ou "Mistral gagnant". Le second CD, quant à lui, couvre la période 1985-1994, avec des titres extraits à nouveau de Mistral gagnant puis des quatre albums studio suivants jusqu'à La Belle de mai. Au programme : "Morts les enfants", "La Mère à Titi", "Putain de camion", en hommage à son ami Coluche, "Tout in haut de ch'terril", chanté en ch'timi, ou encore "C'est quand qu'on va où ?". Une bien belle occasion de revisiter un univers d'une talentueuse originalité, qui fait de Renaud un artiste majeur et incontournable du paysage musical français. --Sylvie Devilette
Critique
Après The meilleur of... 1975-1985 (Polydor) et The meilleur of... 1985-1995 (Virgin), deux compilations sorties séparément et très vite rassemblées dans un double CD du Very meilleur, sans compter le live Paris-Province, aller retour (1996), on croyait en être quitte pour un moment des découpages-collages auquel est soumis le répertoire de la " chetron sauvage " depuis quelque temps. Notre impatience de le voir revenir avec de nouvelles compositions paraissait d'autant plus légitime que, mis à part l'album-hommage Renaud chante Brassens (1996) son précédent album studio (le très joli A la belle de mai) remontait à 1994. Malheureusement, il faut pour l'heure se contenter d'une nouvelle compilation, certes élargie aux tubes extraits de ce dernier opus ("C'est quand qu'on va où ?", "Le petit chat est mort..."), mais sortie principalement pour accompagner une tournée acoustique piano-voix-guitare. Alors les fans pourront toujours se consoler avec un visuel original, rappelant avec nostalgie l'évolution du toujours adolescent chanteur et malicieusement inspiré de l'esthétique du métro parisien. En attendant, on peut toujours se demander si Renaud, qui fut le premier à démocratiser le verlan (cf. "Laisse béton"), tout en dépoussiérant les codes et habitudes d'écriture dans la chanson à texte, n'est pas en train de céder, petit à petit, la place de choix qu'il tenait - à juste titre - dans notre paysage musical. -- Platine - Mars 2000