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En douze titres emballés par V 23, partenaire officiel du label Arty 4 AD (maison de Cocteau Twins, Dead Can Dance et autres Pixies), Eiffel démontre tout le savoir-faire de Romain Humeau, producteur, chanteur, guitariste, auteur et compositeur. Humeau et ses coéquipiers des ex-Oobick & The Pucks, recyclés accompagnateurs de Michel Houellebecq le temps de quelques concerts médiatisés, ont enregistré Abricotine entre cave et grange normandes. Comme leurs mentors les Pixies, dont la chanson "I Like Eiffel" n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd, ils aiment les mélodies torturées et les distorsions électriques. Après avoir fait leurs preuves sur le maxi autoproduit "Abricotine & Quality Street", ils ont appris à embellir leurs guitares acides et leurs paroles crues, de subtils arrangements de cordes "Dragqueen", voire de basson "Hype". Emmené par un hit en puissance "Te revoir", Eiffel, combo à l'assurance mélodique et à la précision de jeu exceptionnelles, pourrait bien devenir le groupe flamboyant et radical, absent du paysage musical depuis que Frank Black est parti vivre d'autres aventures. Hors norme. --Sabrina Silamo
Description du produit
ABRICOTINE
Critique
Cocorirock. Eiffel nous avait gratifiés voilà peu d un maxi pop assez savoureux et vif qui, on le voit maintenant, posait les jalons d un album encore plus pétillant. Si nos quatre petits Français se réclament des Pixies, Clash ou consorts, ils ne semblent pas non plus avoir oublié de mettre dans leurs besaces ces riffs affûtés et ces vocaux apprêtés qui nous rappellent certaines belles réalisations du glam rock . Ajoutons que la plupart de leurs compositions sont impériales, que leurs collages sonores sont du plus bel effet ( Ô toi ) et que les lyriques, concis et intelligents, couronnent le disque d une tonalité flamboyante ( Hype ), délicieusement décadente ( Dragqueen ) et moins futile qu on pourrait le penser ( Je voudrais pas crever ). Abricotine conjugue ainsi avec bonheur dextérité popesque et énergie rock-and-rollienne, peut-être préfigure-t-il à cet égard la renaissance espérée des mélomanes vibrants. -- Compact
Composé d'Estelle Humeau, Dalien Lefèvre, Nicolas Courret et Romain Humeau (chanteur au timbre évoquant parfois Polnareff ou Jad Wio, auteur compositeur de la bande), Eiffel voit le jour en février 1998, réuni autour de passions communes et pourtant aussi éclatées que la pop alternative américaine (Pixies), les 60's (Kinks) ou la chanson française de bon ton (Gainsbourg, Brel). Repéré par l'underground de la pop française suite à la sortie d'un premier maxi 4 titres autoproduit (L'Affaire 1998) et enregistré avec les moyens du bord, le groupe s'est ensuite vu proposer de reprendre Rosy sur la compilation hommage à Polnareff parue dans la plus grande indifférence. En été 1999, c'est le très en vogue Michel Houellebecq que la bande des quatre escorte sur scène, du festival Aquaplanning à la Route du Rock. Aujourd'hui titulaire d'un contrat en bonne et due forme chez Labels, et après un second 4 titres paru l'été 2000, le groupe témoigne plus que jamais d'une rage et d'un cynisme à faire pâlir bien des jeunes rockers empêtrés dans une affectation composée et gratuite. Enregistrées dans une cave, un grenier et un appartement, les douze chansons retenues (sur les vingt enregistrées) constituent autant de cris de l'âme d'une jeunesse partagée entre un idéalisme exalté et une résignation désabusée. À ce titre, "Je voudrais pas crever", emprunté à Boris Vian, ne dépareille en rien dans leur univers sombre et lucide, peuplé d'images dures et poétiques à la fois. Entre autres réussites, on relève un "Dragqueen" plus proche du clown triste que de la joyeuse créature nocturne, ou un mélancolique et percutant "J'ai poussé trop vite". Un titre sans aucun doute très autobiographique... -- Platine