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Quality Street, le deuxième album de Doc Gynéco, est un choc. S'éloignant un peu plus des rivages rugueux du hip-hop, notre homme, groove feutré et textes somptueux en poche, réussit le double tour de force d'insuffler une vigueur nouvelle au rap français et de déniaiser une variété française bien fade. Revenu de tout, des embrouilles, du succès, des critiques acerbes, Bruno Beausir (c'est son nom) retrouve une innocence et une vulnérabilité perdues, clame son amour de la femme et prêche une "cool attitude" qui n'interdit pas le combat. Ses textes, épurés et poétiques, ont acquis une intensité à ce jour jamais égalée dans le rap français. Au croisement du rap et de la grande chanson française, un poète est né. Bienvenue dans son triste et beau royaume. --Amon
Description du produit
QUALITY STREET
Critique
Par ses accents légers et sucrés, Première consultation, premier album de Doc Gynéco, avait fait l'effet d'une petite révolution dans le monde du rap, davantage habitué à entendre évoquer la cité et ses problèmes, que des hommages coquins à Vanessa. Pour preuve, 850 000 patients s'étaient laissé ausculter sans sourciller. Puis vint le temps des Liaisons dangereuses, deuxième opus plombé d'entrée de jeu par une pochette effrayante et un premier single peu convaincant, en duo de surcroît avec le fatigant Bernard Tapie : "C'est beau la vie". Quelques participations extérieures plus loin (Pit Baccardi, Arsenik, Assia, Rita Mitsouko…), et riche de cette expérience, Bruno Beausir revient avec un troisième album très réussi qui lorgne ouvertement vers la variété. À commencer par la jolie pochette au graphisme "petit écolier" signée Jean-Baptiste Mondino et censée donner une image plus familiale et rassurante du rapper. Mais surtout dans le choix des titres, très mélodiques et teintés pour beaucoup d'entre eux de british-pop, ce qui n'exclut en rien le sens du beat très cool qui a fait la griffe du Doc : une orientation bienvenue due à Peter Lewis, producteur de la moitié de l'album. Côté textes, Bruno a opté, à l'instar d'un Solaar, pour le style et les grands sentiments (cf. "Rue Mazarine", "Secrets sucrés", "L.O.V.E"…), saupoudrant ses pirouettes syntaxiques d'humour et de décontraction (cf. "J'sais pas remplir ma feuille d'impôts"). Fidèle à ses racines, il n'a pas omis de nous livrer un troisième épisode au fameux "Dans ma rue" (cf. "Quality Street"), tout en s'offrant des collaborations plus "bourgeoises" avec Laurent Voulzy ("Noirs et Blancs") ou Chiara Mastroianni qui prête sa voix grave à un classieux "Trop jeune". Doc Gynéco serait-il devenu éclectique ? C'est ce qui pouvait lui arriver de mieux. -- Platine