Critique
"Je cherche l'or du temps". L'épitaphe d'André Breton pourrait correspondre à CharlElie. Ce créateur multimédia organise méthodiquement ses journées entre la peinture, la musique et l'écriture. Le tout sans esbroufe. Cette voix nasillarde résonne aujourd'hui dans un blues urbain où les thèmes chers à l'artiste, l'incommunicabilité des grandes cités ("Le Grand Bureau du haut", "Elle danse pour oublier", "Ils s'aiment sûrement"), la "politique" ("Jacques a dit") et le "social" s'enchaînent avec évidence. Ce qu'on aime chez CharlElie, c'est son côté un peu bricolo. Alors, quand il tente de peaufiner à renforts de programmations un peu légères ses chansons, il perd de son sel. Rassurez-vous, son énergie est bien présente et cet album de blues - un certain retour aux sources - ne manque pas de perles ("Valse vague à l'âme", "Les Mobiles de Calder", "Hobo Piano Blues"). -- Platine - Mars 1997