Critique
Pour Supernature, Allison Goldfrapp montre tout ! D'abord elle se présente en vamp sur la pochette, elle qui s'ingénie à tout cacher de sa vie, la voilà s'exposant comme la première starlette venue. Surtout elle montre de nouveaux aspects de sa voix. Froide, dérangée, enfantine, sa voix si atypique est soudain parée de relents soyeux venus du glam.
Pour
« Ooh La La », Will Gregory lâche les sequencers tel un Alan Vega des années 2000, tandis qu'Allison va chercher des réminiscences de Marc Bolan dans le phrasé halluciné du refrain. Allison Goldfrapp hoquette, gémit et ses « yeah, yeah, yeah » sur
« Number 1 » ont quelque chose de parodique. Goldfrapp n'en oublie pas moins son goût de l'étrange avec
« Let It Take You » et
« Ride a White Horse » qui, sous des dehors conventionnels, rappelle le côté menaçant du groupe.
Chez Goldfrapp, tout est fait de faux semblants, l’univers du duo est calé dans celui des films d'épouvante, le fouet siffle, les arbres s'animent, la nature blessée se venge.
Supernature marque la reconnaissance de Goldfrapp auprès du public. Là où le prédécesseur (
Black Cherry) pouvait sembler opportuniste avec ses accents disco, Supernature dévoile la vraie direction artistique du groupe.
Pas décidés à se laisser limiter aux mélodies du trip-hop, Goldfrapp préfère surprendre, provoquer, reconstruire l'histoire de ses influences. Will Gregory a d'abord composé des musiques de films, Allison Goldfrapp a toujours aimé marier les sons et les images ; la musique du groupe est une mise en scène du ressenti artistique de ses deux membres.
Supernature permet à Goldfrapp de s'affranchir des genres pour se projeter dans la durée.
Francois Alvarez - Copyright 2019 Music Story
Caractéristiques
ISBN :0724596931226
Poids (g) :129
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