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Depuis If (1988), la carrière de Lavilliers était un peu en perte de vitesse, notamment suite à l'insuccès de Solo (1991) et à une image de M. Muscle un peu moquée par les médias. Avec ces Champs du possible, Lavilliers renoue – plusieurs mois après la sortie – avec le Disque d'or, puis de platine (300 000 exemplaires). Il faut dire que le poète stéphanois a soigné ce disque qu'il a mis six mois à écrire. Deux chansons sont venues d'un trait : "La Femme et l'Enfant", une sorte de peinture florentine non retouchée, et "Troisièmes couteaux", le prologue de l'album, un clin d'oeil à ceux qui nous dirigent. Désormais, Lavilliers préfère la dérision, l'humour caustique à la colère. Côté musiciens, il retrouve sa bande : Pascal, le bassiste, Dominique et Marco qui l'aident à métisser la musique venue du Brésil, de Cuba, de la Bolivie et de la Colombie et ce à grand renfort de percus du diable et d'une flûte de paradis. C'est à la suite de ce disque que le grand fauve – qui certes parfois en fait beaucoup – s'est posé le 10 décembre 1994 à l'Olympia et du 14 au 18 février 1995 au Palais des Sports de Paris. Un an après, il fêtait son demi-siècle et ses 25 ans de chanson. --A.B.
Description du produit
CHAMPS DU POSSIBLE
Revue de presse
A force d'autoplagiat, Lavilliers perd, à chaque nouvel album, un peu de sa crédibilité. Où est donc le bon temps de "O Gringo" ou "Nuit d'amour" ? Ici la "prod" musicale est, comme à son habitude, de haute qualité sonore, et la chanson locomotive, "Troisième couteau", est portée par la pertinence d'un texte réellement incisif et d'une rythmique rap efficace. Malheureusement, l'ensemble de l'album laisse un arrière-goût de réchauffé, sans saveur, où le chanteur s'évertue à énumérer les lieux communs de l'univers Lavilliers : le fric, les mafiosi, les "Zicos" de Kingston, "le Seigneur de guerre de la Sierra Grande" et quelques inévitables "Champs magnétiques de sa déraison". Du Lavilliers petit cru : on s'ennuie, et c'est dommage. Il a prouvé qu'il pouvait nous offrir des albums remarquables, souhaitons que le prochain recouvre des qualités ici disparues. -- Platine - Octobre 1994