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Dérision, provocation, tels sont les maîtres mots de l'album Olé Olé de Rachid Taha. Enregistré en 1995, Olé Olé est une véritable rupture avec le style musical de ses précédentes productions. Cheveux blonds pour le look, transes technos arabes et andalouses (avec riffs de guitares à la Santana) pour la musique, telle est la sauce que nous balance avec sa morgue habituelle (qui fait d'ailleurs son charme) le marginal de la scène beur. Pastiche (ironique) des sonorités langoureuses orientales dans "Baadini", tempos frénétiques de la dance dans "Boire", mirages futuristes de "Zaama", on se laisse embarquer avec plaisir et curiosité dans ces ambiances successivement cool, acid jazz, techno, orientales, reliées par la voix magique de Taha l'indomptable. Un épisode à ne pas manquer dans les tribulations du pionnier de la techno raï. --Sylvie Clerfeuille
Description du produit
CD: Rachid Taha,Olé, Olé
Critique
Dix ans ont passé depuis que Rachid Taha, sa "Carte de séjour" en règle, chantait la France si douce en un temps où ce genre de hardiesse tombait bien. Les choses ont changé. Rachid, moins indulgent ou peut-être plus lucide pousse un "coup de gueule", selon ses propres termes. A un technotruant questionnaire : "Have you got a JOB ? Do you know the Liberty ? Est-ce qu'on te fout la paix ?" etc., un écho de jeunes agités répond impatiemment : "Non Non Non !" Les DJ ne passeront sûrement pas à côté de ce délirant réquisitoire. Mais il n'y a pas qu'un tube dans cet album où des intros à la Oum Kaltsoum, percutantes et "enviolonnées" sont relayées par des grooves dance où trois langues (arabe, anglais, français) s'enchevêtrent sans la moindre difficulté. Si l'on se croit dans une fête en pleine casbah en écoutant "Nokta", on retourne vite à une autre réalité avec "Boire" dont les "Comme tous les soirs je me mets à boire" rythment une embrouille qui se finit en drame. Le visuel, réalisé par Sabotage !, nous présente une photo de Mondino où Rachid Taha apparaît comme un Petit Prince urbain crevant le ciel de Paris ou d'Alger. -- Platine - Février 1996