Critique
Décidément, les années qui passent vont bien à Louis Chédid... Jusque- là, l'ex-danseur mondain, "Egomane" à ses heures, avait rarement observé le monde qui l'entoure, ce monde où se déchirent "Bourreaux, victimes et spectateurs", avec autant de justesse et de lucidité. Avec ses mots simples et sincères qui prennent soudain des accents autobiographiques, ce Pierrot lunaire égaré dans une époque où même l'amour nous assassine, promène sa mélancolie de désabusé et son ironie mordante, comme pour mieux jouer à cache- cache avec lui-même, fuir ses fêlures et ses peurs obsessionnelles : l'absence ("Tu m'aimes plus") ou la mort ("Croix de bois", "Mourir"). Juste avant de dévoiler, envers et contre tout, comme ultime pied de nez à ses propres désillusions une extraordinaire foi en l'amour, moteur de la vie. Avec Répondez-moi, Chédid signe assurément son album le plus touchant et le plus vrai. -- Platine - Mai 1997