Amazon.fr
Moins célèbre que son frère, Edouard, bouffon chez Canal+, Julien Baer cultive son jardin sixties et dévoile quelques pages de son journal intime, écrites avec la complicité des piliers d'une certaine chanson française. Dans le désordre, Bertrand Burgalat, le Mr Loyal du label Tricatel (qui abrite notamment les exploits discographiques du polémique Michel Houellebecq), Czerkinski (ex-Mikado) et Valérie Lemercier (ex-mangeuse de frites) viennent lui prêter main. Avec des accents surannés, il parle d'amour toujours sur des mélodies pop élaborées dans le fantasme de Phil Spector ou Serge Gainsbourg. Sublimement orchestrés, ses refrains, "Emmène-moi sur ton nuage, mes amis me trahissent / Emmène- moi dans tes bagages en juillet 66", lui donnent une image de chanteur romantique pour jeunes filles en fleurs. Mais sous les violons à profusion, Julien Baer, dandy indolent, se place confortablement dans le giron de la tradition, de Claude Nougaro à Léo Ferré. Ce que Cherchell, son deuxième album, débarrassé de tout glamour, prouvera. --Sabrina Silamo
Description du produit
Julien BAER
Critique
Dans la famille Baer, on connaissait l'insolent cathodique Edouard. Rien à voir avec son musicien de frère, le fragile Julien. Si la production ouvertement gainsbourienne (période "Initials BB") de son premier album semble trahir sa nostalgie pour les seventies naissantes, jusque dans son visuel "brut de décoffrage" et volontairement inesthétique, Baer s'en défend : au-delà des classifications et des modes, ce qui compte pour cet obsédé de tubes et de hit-parades d'antan, c'est la qualité émotionnelle d'une chanson. Et pis c'est tout ! Une noble théorie qu'il a mise illico en pratique : de la bossa insouciante qui berce Le monde s'écroule à la pop enivrante de "300 Années-lumière" ou "Marie pense à moi". Si on l'a déjà comparé à Yves Simon pour sa voix fragile et sa façon profonde mais sans emphase de traiter des sentiments humains, il pourrait l'être aussi à Dominique A. ou à Boogaerts pour sa modestie et la légèreté de ses mélodies toutes simples, le genre qui s'infiltrent insidieusement et pour longtemps dans les mémoires. Comme ça, ni vu ni connu. -- Platine - Mai 1997