Critique
Alors que sa compatriote Rita s'attaque au marché européen et après de multiples collaborations (Pagny, Khaled, Maurane, Zucchero, Sting), l'Israélienne d'origine yéménite nous offre son troisième album international après Noa (1994) et Calling (1996), annoncé par un single très bien accueilli sur les ondes : "Si je m'abandonne à toi". Avec ce Blue Touches Blue (titre inspiré par la ligne d'horizon, entre le ciel et la mer), entourée de son compositeur arrangeur guitariste attitré, Gil Dor, et du producteur Mike Hedges (cf. The Cure, Texas), Noa se montre plus que jamais apte à reprendre le flambeau des légendaires song-writers américains, tous ceux qui ont fait naître sa vocation : Paul Simon, Joni Mitchell ou Leonard Cohen. Car, outre leur incontestable qualité mélodique et la finesse des arrangements, les 15 titres qui le composent (dont 12 en anglais, "Dala Dala" en yéménite et "Morning" en hébreu), nous envahissent, dès la première écoute, d'une sérénité et d'une plénitude des plus agréables : un signe qui ne trompe pas... De "Explain The Night", inspiré de ses conversations avec son père, scientifique de profession, à "Angel", rapporté d'un souvenir de concert, chaque éclat de sa somptueuse voix résonne en nous comme autant de messages de paix, d'invitations à l'harmonie, à l'amour et à la tolérance. À noter en bonus, "Beautiful That Way" extrait de la B.O de La vie est belle, de Roberto Benigni, un film d'une rare intensité, auquel Noa n'a évidemment pu rester insensible. --E. C. -- Platine