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On se souvient de ce clip noir et blanc signé Jean-Baptiste Mondino. Celui dans lequel un mauvais garçon, bardé de cuir, balance de sa voix androgyne les rythmes obsédants d'un "Trente-cinq jours sans la voir la terre…". Propulsé à la vitesse de cette mécanique infernale, Axel Bauer fait exploser les hit-parades avec son "Cargo de nuit" (vendu à 1,5 million d'exemplaires). S'ensuivra alors un autre succès, "Eteins la lumière". Mais, le mieux étant souvent l'ennemi du bien, Simple mortel ne remportera pas le succès des deux précédents. C'est l'immersion totale. La lumière des projecteurs boude l'artiste qui s'exilera quatre ans en Angleterre. Aujourd'hui, l'homme à la guitare tourmentée aborde avec sérénité Achille et expose une nouvelle facette de sa personnalité. Plus positif et moins torturé, il reste néanmoins fidèle à ces riffs ravageurs et délibérément rock. L'album évoque des thèmes graves : le refus d'une rupture ("Mens-moi"), les blessures secrètes ("Personne n'est parfait", "Achille") et émouvants, notamment lors de son duo avec Zazie ("À ma place"). Réalisé avec la complicité de Pierre Jaconelli (guitariste), Achille est le fruit d'une maturation personnelle qui finit par forcer l'admiration. --Valérie Dupouy
Critique
Il y a des années, Axel Bauer faisait l'effet d'une bombe dans les hits avec son fameux "Cargo", torridement clippé par Mondino. Depuis, le guitar-heroe a eu bien du mal à se défaire d'un tube si écrasant, malgré le succès de "Éteins la lumière" en 1991. Ce qui ne l'empêche de jouir depuis d'une réputation de musicien hors pair. Après l'échec de son dernier album Simple mortel (1998), sans doute surproduit et trop longuement mûri, Axel revient avec un opus plus spontané, en totale cohérence avec son tempérament nerveux et rebelle. Coréalisé avec Pierre Jaconelli (cf. Obispo, Hallyday père et fils, Zazie, Pagny...), le guitariste de ses débuts, il en a signé toutes les mélodies, aérées et efficaces. Côté textes, il s'est tourné vers Zazie avec laquelle il s'offre un duo bien emballé ("Chacun sa place" témoignant plus que jamais de l'influence de F. Hardy sur son écriture) mais aussi Miossec ("Ma prière"), son pote Juan Tamayo ou encore sa compagne Ilhem Kadid, jeune auteur de 23 ans, qui signe "Personne n'est parfait", le premier single – manque de bol, c'est aussi le titre d'un album studio de Chamfort... Au-delà de la réalisation soignée et de la force des mélodies entêtantes, la grande qualité de cet album, qui situe artistiquement Axel dans la famille d'un David Hallyday, est, avant toute chose, de nous faire découvrir, au-delà du musicien, l'excellent chanteur qui se cachait en lui. -- Platine