Critique
Après trois singles prometteurs ("J'ai perdu la mémoire", "Et on s'en va", "C'est le temps hélas"), et un album pour son pote le gitan Nino (Amor, amor), l'ex top-model ténébreux repéré par Jean-Paul Gaultier publie enfin un premier album de 13 titres, qu'il a conçu tout seul comme un grand : paroles, musiques et réalisation. Une belle démonstration de maturité artistique chez ce jeune homme de 27 ans qui, tout en prouvant qu'il n'est pas qu'une "belle gueule" de plus, confirme ici tout le bien qu'on pensait de lui depuis son premier succès. Avec son grain de voix très particulier, son phrasé souple et assuré, ses mélodies originales et efficaces, lorgnant davantage vers une pop anglaise épicée de saveurs d'orient que vers le groove ambiant, sans oublier ses textes tourmentés, à la frontière du mystique (cf. "Près de Dieu", "Tutoyer les anges", "L'Orchidée"), cet Arno- là réussit à installer un univers abouti et séduisant. A condition de persévérer pour affiner ses compositions déjà très personnelles et d'étoffer davantage ses textes, encore un peu maladroits et superficiels, Elias a tous les atouts pour entrer dans la cour des grands de la variété-pop à la française : la grâce, le talent et un véritable savoir-faire. C'est rare... -- Platine - Février 2000