Amazon.fr
Quand l'art subtil de son écriture imagée se frotte à des sons nouveaux venus d'Orient ou de la techno, dont il sait s'imprégner sans se trahir, on retrouve autant qu'on redécouvre l'univers d'Yves Simon. Lui qui sait si bien porter sur notre époque un regard alerte et nuancé pour mieux réagir à son actualité, comme avec "Je me souviens", dédiée à Florence Rey, ou "Les Souffrantes", qui évoque les femmes afghanes. Mais Intempestives, c'est aussi le conte arabisant "Sarah et Tobie", l'hypnotique "Mille et une nuits", le somptueux instrumental "La Seconde Mort de Werther", et comme un bilan de fin de siècle très personnel via "Ces visages-là", "Je te prie d'oublier" et "Je me souviens". Un album d'une belle cohérence, qui brise au mieux les dix ans de silence où le chanteur avait cédé la place au romancier. --Sylvie Devilette
Critique
Après deux LP chez Fontana (1967 et 1968 avec Claude Dejacques), sept albums chez RCA (de 1973 à 1984), un chez Barclay (1988), dix ans de silence discographique (mais pas mal d'échos littéraires), voici le onzième opus d'Yves Simon. Si la superbe production (deux orchestres à cordes et des arrangements signés Coeuriot etle son Voulzy) est aux confins de l'orient et de l'occident, les mélodies ne mettent pas assez en valeur les textes. "Sarah et Tobie", le premier extrait, est inspiré du Livre de Tobie dans la Bible et traité en rap-raï. Les souffrantes racontent le sort des femmes afghanes prisonnières des talibans de Kaboul... Quant à "Pardonnez", c'est l'histoire de Florence Rey. Pour finir, "Je me souviens" est un hommage à Georges Pérec... Comme toujours, l'auteur Simon est plus efficace que le compositeur. Pourtant, les douze titres ont été composés sur la guitare des débuts... sur les cordes qui ont enfanté "Le Pays des merveilles de Juliet"... La pochette et le luxueux livret du digipack (avec les textes) sont signés FKGB, l'agence de son ami photographe, José Ferré. -- Platine - Octobre 1999