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Le choix de compositeurs, pour le moins judicieux (Obispo, David Hallyday, Art Mengo, Gérard Presgurvic, Goldman), et cette étonnante capacité à pouvoir porter à l'extrême cette voix dans les graves ont fait de Florent Pagny l'un des chefs de file de la chanson française de cette fin de siècle. Aussi à l'aise dans le classique que dans la variété, Pagny est sans doute l'un des seuls artistes à pouvoir interpréter un duo de taille avec Johnny Hallyday. Son septième album Châtelet les Halles confirme ce talent d'interprète hors pair . L'utilisation d'une orchestration efficace, renforcée ci et là par des programmations résolument modernes, met en valeur cette voix inimitable. Cet opus attachant et mélancolique aux textes doux-amers ("Châtelet les Halles"), ou torturés ("Et un jour, une femme", "Les Ombres") propose une fine analyse sur les rapports amoureux, mais aussi sur le désarroi lié à l'incommunicabilité ("La Solitude"). L'ensemble dégage un insaisissable parfum d'authenticité que l'on aimera respirer à pleins poumons.--Valérie Dupouy
Description du produit
CHÂTELET LES HALLES
Critique
Après le demi-succès de Récréation (600 000 ventes, soit la moitié de Savoir aimer), un bridge-project (projet qui fait le pont entre deux albums), voilà enfin un véritable nouvel album de Florent Pagny avec 13 chansons inédites. Et le fait que le pur interprète n'ait pas pris beaucoup de risques en ne recrutant que des valeurs sûres n'enlève rien à la qualité du produit. Évidemment, toutes les chansons ne sont pas des singles : "Comment je saurai" signée Golemanas (Obispo) et Seff (Red) est un peu faible des mots, "La Solitude de Presgurvic" (Bruel, Roméo et Juliette) est davantage réussie pour le texte que pour la musique, "Un mot de Prévert" de Melville, Falcao et Pierre Marie avec Florence est trop violente musicalement eu égard aux paroles, "Le Temps joue contre nous" de Veneruso (Canada, Goldman, Fredericks, Anggun...) et Zoum (Pagny, Fiori) n'est satisfaisante ni dans les notes ni dans les mots. En revanche, "L'Air du temps" de Calogero (Ségara) et Florence (Obispo, Pagny, Hallyday) sent le tube à plein nez, tout comme "Dix choses" d'Esteve et Mengo (sacrifié en deuxième titre de single), "Terre" de l'excellent Jean-Marie Marrier (Ali Baba) avec Raffaëlli et Dupont et "Y a pas un homme qui soit né pour ça" d'Obispo et Guirao/Florence, même si le titre, très "obispien", montre que Pascal va devoir se renouveler. Restent "Et un jour, une femme" d'Obispo et Florence, le premier single, très efficace, "Châtelet-Les Halles", le deuxième single, et enfin "Les Ombres" et "La légende de Carlos Gardel" de D. Hallyday et Chemouny (Vartan, Hallyday). Le thème – original – de cette dernière évoque un habile parallèle entre l'inventeur du tango argentin, un Français émigré en Argentine, et le chanteur à voix. Quant à la production, elle est impeccable, à l'image de l'interprétation. Avec sa voix tour à tour rageuse-rugueuse et douce-amère, Florent, à l'instar de Montand, Reggiani, et de Johnny Hallyday (dont il est l'héritier direct), donne aux interprètes – qui ne signent pas leurs chansons – une crédibilité définitive. -- Platine