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Un journal de bord, intimiste et avant-gardiste, voilà ce qu'est Vespertine. Une symphonie réalisée entre Reykjavik et New York, faite de comptines qui carillonnent sur les sons concrets du quotidien que, depuis quelques temps, Björk avait envie d'explorer. Pour se faire, l'Islandaise a dépêché une véritable armada de Geotrouvetou de la laptop generation : Martin Gretschmann de Console, Thomas Knak, Bogdan Raczynski, Matthew Herbert et le duo californien Matmos qui a arrangé les chansons et travaillé sur les rythmes qui semblent organiques.
Si les orchestrations prennent ici moins de place que sur les précédents albums, elles n'en sont pas moins sophistiquées. Pour preuve, cette musique de chambre électronique réalisée en grande partie sur un ordinateur portable sait aussi faire la part belle à l'acoustique d'instruments traditionnels comme le célesta et la harpe, cette dernière jouée par Zeena Parkins, une musiciennne issue de l'underground new-yorkais. D'ailleurs, ces instruments d'un autre âge ont toujours participé du charme des plus belles chansons d'amour de Björk : souvenons-nous de "Like Someone In Love" sur Debut.
Toujours lyrique, la chanteuse se montre toutefois moins extravertie que sur le précédent Homogenic. Les beats, moins lourds et plus volatils, travaillent en profondeur sur des émotions durables, l'épanouissement passant désormais par un travail sur l'atemporalité. Vespertine fourmille de craquements et de chuintements, renvoyant à la douceur d'un cocon aux rondeurs apaisantes. La poésie naïve qui fit le succès international de l'interprétation de Björk dans le film Dancer In The Dark demeure intacte. De sa voix céleste d'ange, elle semble nous chuchoter : "Bienvenue au Paradis". --Hervé Comte