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Celui que l'on prénomme désormais Kemar n'est autre que le chanteur de No One Is Innocent, alias Kmar Gulbenkian. Trois ans après la sabordage de son groupe, fleuron du son fusionnel français, le voici qui refait surface avec un album solo concocté en compagnie de quelques pointures de la chanson hexagonale, aux premiers rangs desquelles Dominique Dalcan (Snooze) et les Valentins Autant dire que le leader de No One en surprendra plus d'un parmi ses aficionados de la première heure. Ici, la violence est contenue et rampante. Solidement ancré dans son époque par une production qui oscille entre downtempo brumeux, textures très urbaines ou instrumentations plus classiques, Kemar laisse libre court à ses pensées contrariées et raconte ses romances sombres évoquées via un phrasé énigmatique. Une voix qui n'est pas sans rappeler Gainsbourg pour son mélange "parlé-chanté". Dans ce jeu d'ombres et de lumières, où les premières prennent souvent le pas sur les secondes, Kemar impose une personnalité brute qui sait se faire aussi douce et séduisante. --Fabrice Privé
Critique
Chanson Electro. On se souvient de Kemar Gulbenkian officiant au sein des No One Is Innocent, en tant que chanteur charismatique. Après deux albums intenses, le combo disparaît, s ajoutant à la liste déjà trop longue des espoirs avortés. Pour ce premier projet en solitaire, Kemar a su s entourer de quelques valeurs sûres : Dominique Dalcan, les Valentins et autres. En revanche, oubliées les stridences et l urgence des années No One, l ambiance est plus feutrée, samples et boucles électro enrobant l architecture d un opus des plus attachants. Après une plongée dans l Underground il est temps pour lui de remonter à la surface pour prendre cette bouffée d Oxygène indispensable à la vie : Pour rentrer dans l arène, j ai invoqué les dieux à perdre haleine . Prénom Betty dévoile un homme sensible, que les fracas précédents laissaient déjà entrevoir. Le Bashung de Fantaisie Militaire et de Chatterton n est pas loin ( Dévoile ), mais ce n est qu une piste parmi d autres, l homme ne se laissant pas si aisément cerner. Ce qui fait de Prénom Betty, un disque pas forcément facile, ni évident à la première écoute, mais qui demande de prendre son temps pour l apprivoiser. Peu de chance donc qu il tourne en boucle sur les playlists des radios généralistes, mais est-ce un mal ? Et ne serait-ce pas là un gage de qualité ? Entre chanson et electro, Kemar navigue à vue et ce premier album pourrait bien révéler un être discret et torturé enfin en pleine lumière : Non, ne m en veus pas, si je dévoile en moi, la nuit interdite où j ai crié de joie . Kemar Gulbenkian se place d ores et déjà au niveau des grands. À découvrir d urgence. - 11 titres, 45m47s - -- Compact