Critique
A la voir s'entourer de la même fine équipe que pour le précédent Deux (Kent, Vannier, Bréant, Lorne, Marignac), on pourrait reprocher à Enzo Enzo de jouer la sécurité en cultivant une image et un style romantico- nostalgique un peu convenus. Bref, de se trouver exactement là où on pouvait l'attendre après le succès de Quelqu'un de bien. Oui, sauf que quand tant d'autres se seraient contentées de "Piafer" sans distance des rengaines d'après-guerre, dans un genre trémolo néo-réaliste juste bon à égayer le décor guimauve de La Chance aux chansons, Enzo Enzo, elle, a choisi la difficulté. Comment ? En jouant à fond avec gouaille et autodérision de son image de petit moineau meurtri ou de femme fragile, résignée et soumise à toutes les fantaisies de ces êtres si mystérieux que sont les hommes. Son arme de guerre ? Des textes drôles ou graves, insolites ou insolents, mais toujours intelligents et magnifiés par des arrangements baroques et ciselés. Alors forcément, on répond Oui Oui à Enzo Enzo... -- Platine - Avril 1997