Critique
Magnifiquement emballé, le nouveau Duteil s'ouvre sur une chanson engagée, consacrée à son grand-oncle Dreyfus (oui, celui de l'affaire), et réfléchit sur le pouvoir ("Les Savants", "Les Poètes et les Fous", "Grand-père Yitzhak"). Il dénonce le génocide ethnique au Tibet ("La Tibétaine"), sur une rythmique à l'audace bienvenue qui renouvelle son univers musical. Autre rupture, autre réussite : sur "N'aie plus peur", il brise la régularité parfois lassante de ses quatrains, sur fond de piano. Ailleurs, son éternelle guitare acoustique, mariée à des synthés doux, continue à dessiner des paysages de carte postale : la joie feutrée d'une "Grande Maison des vacances", la forêt mythique de "La Légende des arbres", ou le romantisme tendre de "Venise" et "Autour d'elle". -- Platine - Mai 1997