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La tension monte, les voix s'élèvent et la magie opère. Avec plus de 800 000 personnes venues assister à cette tournée qui a traversé toute la France, Patrick Bruel peut se targuer d'être un des grands chouchous de la scène musicale de ce pays. Les 26 titres de ce double album événement témoignent des moments forts du live. Patrick Bruel y interprète ses classiques (dont "Place des Grands-Hommes", "Alors regarde", "J'te l'dis quand même", "Casser la voix") et ses tubes plus récents (avec "Tout s'efface" ou "Au café des Délices") avec l'enthousiasme et la fougue de ses débuts. À l'euphorie de ce duo surprise avec Johnny Hallyday sur "Et puis je sais" succèdent des morceaux plus tendres (comme "Qui a le droit " ou "À cause d'elle") et des reprises chantées en hommage à Charles Aznavour avec "Non, je n'ai rien oublié" et à Gainsbourg avec "La Javanaise". À noter également un clin d'il aux javas (bien d'chez nous) dans ce "Medley Retro" et quelques superbes photos qui figurent dans le livret. --Valérie Dupouy
Description du produit
RIEN NE S'EFFACE...
Critique
C'est pour lui devenu un rituel. Après chaque album studio, Patrick part en tournée, et après chaque tournée, Patrick publie un live. Déjà an 1987, malgré un succès timide de son premier album De faces, aujourd'hui réédité, Bruel publiait son premier live (on en attend aussi la réédition...)... Après plus de 1,5 million de copies de Juste avant, il n'hésite pas à sortir son quatrième album en concert, témoignage d'une tournée de 200 dates frissonnée par quelque 800 000 spectateurs... Certains diront que, comme ses contemporains, l'artiste s'en sert de compile... Peut-être, mais il ne se contente pas d'y aligner ses tubes (à ce titre, on ne trouve même pas les premiers succès, préférés à "Musique vieille", une face B), Bruel va plus loin. Comme dans tous ses live, il reprend ses maîtres (en 1992, il chantait déjà "Jef" de Brel), cette fois, c'est au tour de Gainsbourg ("La Javanaise"), d'Aznavour ("Non, je n'ai rien oublié")... En plus, il chante ici "Et puis, je sais" qu'il avait signé pour Johnny, il y a dix ans (et le CD présente la version enregistrée à Paris en duo avec Jojo). Et ce n'est pas tout, bravant tous les dangers (dont celui d'être taxé de ringard...), il fait un pot-pourri (en prenant des libertés avec les mélodies et les textes) de l'entre-deux-guerres : "Avoir un bon copain" (Henri Garat 1932), "Comme de bien entendu", "La Java bleue", "Mon amant de Saint Jean" (Lucienne Delyle 1941), "La Romance de Paris" (Charles Trenet), "Le Petit Vin blanc" (Lina Margy 1943)... Après ça, tout le reste est du bonus : les succès du dernier album ("Juste avant", "J'te mentirais", "Pour la vie", "Au café des délices", "Tout s'efface", "Nunca Mas", "Élie"...) comme les incontournables de celui de 1989 ("Casser la voix", "Décalé", "Place des grands hommes", "Alors regarde", "J'te l'dis quand même"), sans oublier "Qui a le droit" de 1992. Arrivé à la dernière plage, on se fait cependant une réflexion : l'album de 1994 a été un peu sacrifié (si "Combien de murs" est là, "Bouge" est le grand absent), prouvant bien que Patrick Benguigui-Moreau a – aidé de ses deux frères et de superbes musiciens (D'Angelo, Bertram, Brault, Wooloff, Hennequin...) – définitivement tourné la page du rock sature qui n'était pas du tout, ni son tempérament, ni ce que le public attendait de lui. Un public qui adorera le livret bourré de photos de ce live bourré d'émotion. -- Platine