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Avec ce deuxième opus, Gil Scott-Heron assouplit sa musique, qui se fait moins austèrement minimale, plus sensuelle, et le chanteur découvre sa voix – celle-ci en inspirera plus d'un, notamment Jamiroquai, qui a pillé ses accents de "Message In A Bottle" sur "Winter In America". Les percussions jouées à mains nues font désormais place aux rondeurs de la rythmique que forment le bassiste de jazz Ron Carter (il a joué avec Miles Davis) et le batteur Bernard Purdie. Ses textes demeurent révolutionnaires, et sa défense de la culture noire et de sa mémoire collective menacée reste une de ses principales préoccupations. Scott- Heron fait sien les préceptes de Malcom X : pour être apte à opérer un changement durable des mentalités, il faut un minimum d'éducation et de l'organisation, être également un homme d'action. Chacune de ses chansons combat ici le découragement qui mine une grande partie de ses frères, s'efforçant à rassembler les forces vives du ghetto. Ce brûlot qui n'a rien perdu de son actualité inspira rappeurs et pionniers de l'acid jazz. --Philippe Robert