Critique
Plus connue pour avoir été pendant douze ans la voix reconnaissable entre mille du plus célèbre groupe pop espagnol de l'histoire, alias Mecano, Ana Torroja nous livre aujourd'hui un deuxième album solo, après la sortie passée quelque peu inaperçue en France de l'excellent Points cardinaux (1997), auquel participait Françoise Hardy ("Les Murs"). Rentrée d'une tournée mondiale avec son compatriote Miguel Bose, La Girados Tour, qui a rassemblé en 2000 près de cinq millions de spectateurs et obtenu deux Awards espagnols (meilleure tournée et meilleur spectacle), la belle Ana semble aujourd'hui pleinement disposée à vraiment séduire le public français. Celui-ci ne l'a d'ailleurs pas oubliée, comme l'atteste le succès de la dernière compil de Mecano, Ana Jose Nacho (1999), écoulée à 350 000 exemplaires dans l'Hexagone. Pour parfaire son offensive de charme, elle a délicatement tissé des titres d'une grande qualité mélodique et issus de son précédent opus en Espagnol ("Pasajes de un Sueño", 2000), à quelques nouveautés ou adaptations en français, nées de l'imagination d'auteurs compositeurs plutôt rares : J.Kopf/M.Amsellem (cf. Kaas), N.Brendel/T.Boccara (fils de Frida, également chanteur très prometteur), Peter Lorne (cf. Maurane), M. Nucci. Sans oublier P. Bruel, véritable idole en Espagne, avec lequel elle reprend "Qui a le droit ? : un tube des deux côtés des Pyrénées, qui trouve ici en duo une résonance toute nouvelle. Au fil des titres, comme apaisés par la grâce des mélodies, la subtilité des arrangements, et le caractère universel des textes, on se laisse véritablement séduire par la douceur et la sérénité que dégage encore et toujours la voix magique d'Ana. On est très loin des clichés kitsch sur l'exubérance des femmes espagnoles, véhiculée par le cinéma de P.Almodovar ou de B.Lunas. Et c'est tant mieux... -- Platine