Critique
Dans une ambiance reggae (que Pierrot avait déjà utilisée en 1977 sur son premier single "Bye bye Baby") s'ouvre cet opus avec "Pour un monde bleu", un titre un chouïa béat. Juste derrière : "Sans toi", cette fois cosigné par Pierre Bachelet, et "Les Dimanches" dus à Christian Vié (Ségara) et Philippe Russo (Cyril Paulus). Voilà les trois premiers singles (d'après le sticker). Plus loin, la maison de disques a repéré un quatrième single : "Elle me dit", cosigné par un artiste belge prometteur, Jeff Bodart.
Pour le reste, des collaborations et encore des collaborations, y compris "contre nature" : "le jeune" Bodart avec "l'ancien" Pierre-André Dousset (Croisille), un autre chanteur belge, Philippe Swan (qui, à notre goût, signe le titre le plus fort "Prénoms d'emprunt"), Frédéric Brun (le fils de Jean Dréjac)...
Finalement, l'ami Pierrot ne signe que cinq des douze titres dont deux paroles et musique ("Tout commence avec 2001", en clin d' il à "En l'an 2001" de 1985). Pour les trois autres, en toute humilité, il se satisfait du rôle d'auteur ou de compositeur, selon. Grâce à cela, on retrouve son complice des glorieuses 80, Jean-Pierre Lang, avec lequel il a livré "Une autre lumière", un gospel (très "Oh Happy Day") qui, symboliquement, donne son titre à l'album...
Parmi toutes ces nouveautés, une reprise. Celle de "Il suffirait de presque rien" que Bourgeois et Rivière avaient apportée à Reggiani vers 1968. De mémoire de variétophage, je ne crois pas avoir entendu un album de Bachelet aussi bien produit. Il faut dire que, là aussi, il a mis les moyens, partageant les arrangements entre J.-L. Spagnolo, H. Leduc (réalisateur de l'album 1995), son fils Quentin (Jalane,qui est ici réalisateur après avoir coréalisé le précédent) et J.-F. Oricelli (l'autre coréalisateur du précédent). L'union de ces deux derniers dans "Prénoms d'emprunt" est une vraie réussite. Notamment grâce à quelques bons musicos : Vernerey, Monteils... Déjà partagé entre BOF (il avait démarré en télé à "Dim Dam Dom") et chansons, Bachelet l'est désormais entre corons et melons (il vit en Provence). C'est certainement cette région qui a donné son côté radieux et parfumé à ce disque. -- Platine