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Dans ces deux enregistrements réalisés en public (1992 et 1994), Harnoncourt expérimente les principes de la musique de chambre, élargis à l'orchestre symphonique. La fragilité apparente de l'orchestre surprend par la finesse de l'énoncé des thèmes. Le dramatisme germanique des versions passées s'est estompé grâce à un orchestre transparent et soucieux avant tout du dialogue le plus intime (intermezzo du Concerto pour violon). Ces subtils alliages de couleurs sont miraculeux de préparation. Argerich joue parfaitement le jeu de ce dialogue d'une enthousiasmante finesse et lisibilité. Kremer bouscule également les conventions dans le rare Concerto pour violon. Les tensions rythmiques s'impriment avec la légèreté d'un concerto mozartien. C'est limpide et intelligent, sans pour autant remettre en question la primauté des grands témoignages passés. Voici une expérience qu'il faut connaître et qui, du même coup, fait passer à la trappe les versions précédentes de ces deux formidables musiciens. --Pierre Massé
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