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Plus de deux ans après un Remué qui l'avait vu aplanir ses élans vocaux et tisser des climats aussi tendus que pénétrants, le grand Dominique nous revient en gent compagnie, avec la complicité de John Parish (PJ Harvey, Sparklehorse, Howe Gelb...). Ce que promet sur le papier cette rencontre entre le meilleur émissaire de la chanson française et le fin producteur/arrangeur qu'est Parish est parfaitement confirmé sur disque. Se retrouvant sur le même terrain de la simplicité chaleureuse, les deux acteurs scellent un pacte, celui de l'immédiateté nécessairement conservée. Le reste est affaire de compositions, très variées, et d'une reconquête du chant en tant qu'outil de précision. Monsieur Ané dit avoir redécouvert les vertus de son organe sur le mémorable "Bagatelle" qui orne L'Absente de Tiersen. On le croira sans peine à l'écoute du monumental "Pour la peau" ou d'un "Antonia" d'ouverture, aux accents hispaniques, signe d'un dégel qui amènera son géniteur à fréquenter par la suite des formes plus traditionnelles de compositions ("Ses yeux brûlent", "Je t'ai toujours aimée")... Sans qu'à aucun moment ne soient bradés son capital intimiste et ses mécaniques de précision révélées sur la fin du disque. Avec une précision lexicale encore affûtée, Auguri sonne comme la réconciliation des différents talents du A majuscule. --Fabrice Privé
Critique
Après Remué, album austère et introspectif par excellence, et quelques participations sur les derniers Françoiz Breut et Yann Tiersen, le prolifique Dominique A. nous livre déjà un cinquième opus, enregistré au pays de Galles en un mois, et réalisé par le Britannique John Parish (cf. Eels, Goldfrapp, P.J Harvey...).
D'abord plus facile que son prédécesseur, cet Auguri (Meilleurs V ux, en italien) devrait le faire renouer avec un plus large public, celui-là même qui avait fait le succès de son album La Mémoire neuve, contenant l'amusant tube "Le Twenty-Two bar". Privilégiant à nouveau la formule guitare-voix et comme réconcilié avec sa tessiture naturelle, Monsieur A. semble cette fois s'être immiscé avec délectation dans ses quatorze nouvelles compositions, avec le souci de visiter un registre plus étendu qu'à son ordinaire.
Car si on peut s'étonner de le voir poser de face avec autant de décontraction, et comme totalement décomplexé, pour la jolie pochette de son album, la surprise ne s'arrête pas là : celui qu'on imaginait irréversiblement torturé et mélancolique s'amuse ici à brouiller les pistes en se montrant tour à tour léger ("Ses yeux brûlent"), nerveux ("Évacuez"), ironique ("Les chanteurs sont mes amis") et même sensuel ("Le Commerce de l'eau"). À noter enfin, en signe évident de son ouverture d'esprit, les reprises réussies de Polyphonic Size ("Je t'ai toujours aimée") et de Dalida ("Les Enfants du Pirée", la chanson du film Jamais le dimanche). Étonnant, non ? -- Platine
Chansons lyriques. Dominique A ne se lasse pas de nous surprendre. En dix ans de carrière, ce chanteur à la voix si particulière nous aura emmené vers des horizons sans cesse renouvelés. Cabaret montmartrois en 1995 avec La Mémoire Neuve, journée grise dans une contrée obscure avec l'expérimental, mais néanmoins incontournable, Remué en 99. C'est aujourd'hui vers la lumière ténue de l'alcôve que se tourne ce nouvel opus. Charnel et intimiste, Auguri dévoile un Dominique A libre et serein, réconcilié avec des mélodies plus simples, mais toujours efficaces. Produit par l'omniprésent John Parish (Eels, PJ Harvey, Giant Sand...), le trio basse/guitare/batterie est remis à l'honneur au travers de ces ballades country rock enivrantes. Un album dense et intense sur lequel on frémit avec plaisir. -- Compact