Critique
Après Memorial Beach, l'album de la fin du premier acte en 1993, et Minor Earth Major Sky, l'album de leur renouveau européen, coloré de platine en Norvège et en Allemagne, d'or en Suisse, Autriche et Espagne, le groupe norvégien A-ha est désormais débarrassé, dans de nombreux pays plus audacieux que l'Hexagone, de son image de boysband. Pourtant, au lieu de continuer avec la même recette, pour ce septième opus, le groupe a décidé de jouer le tout pour le tout.
Alors que, jusqu'ici, Paul Waaktaar, le guitariste, était compositeur de la quasi-totalité des chansons, seul ou avec Mags, ici il ne place que six titres sur quinze (signé PW-Savoy, du nom de son nouveau groupe), le reste ayant été trusté par Mags pour huit chansons (quatre seul, trois avec Morten, et une avec Morten et Ole Sverre Olsen).
Quant à Morten, il en a également signé une – certainement en studio – avec le même OSO ainsi que le producteur Martin Landquist (Kent). Ce dernier a d'ailleurs travaillé les arrangements avec Stephen Hague (Blur, New Order) pour livrer au total six productions.
Les autres producers, Ian Caple, Clive Langer (Madness, Morrissey) & Alain Winstanley, Tore Johansson (Cardigans) se contentent eux de quatre, trois et une chansons chacun.
Si on peut regretter le manque d'efficacité des titres, le premier single, "Forever Not Yours" (Mags & Morten), mis à part la France et l'Angleterre, s'est bien installé en Europe. Le deuxième, "Lifelines" (Mags), qui fait l'unanimité parmi les fans, saura-t-il être plus fédérateur ? Malgré tout, il est évident que A-ha a toujours le sens de la belle mélodie, notamment en ballade : "Time & Again" (Paul), "A Little Bit" (Paul), "There's A Reason For It" (Paul), "White Canvas" (Mags).
Également un goût très sûr et très aiguisé pour les idées musicales : "Did Anyone Approach You" (Paul), "Orange and Appletrees" (Mags & Morten).
Côté image, si ces trois vikings sont physiquement dans une quarantaine qui sent bon la fleur de l'âge, il est à noter qu'ils ne se contentent plus de photos de presse ado et de clips téléphonés. Que ce soit la pochette de l'album (sans leurs visages comme sur le précédent opus), le livret (à la texture glitter) ou le clip du premier extrait (très travaillé), tout contribue à enfoncer le clou de la crédibilité ! -- Platine
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