Depuis "Moussoulou ", l'album de ses débuts qui l'avait élevé au rang de superstar nationale en 1989, Oumou Sangare est toujours aussi admirée et vraie. Adorée de son public au Mali, Oumou est une musicienne aussi célèbre là-bas qu'un Salif Keita, dans un pays pourtant renommé pour ses grands musiciens : Amadou & Mariam, Toumani Diabaté, Rokia Traoré, Ali Farka Touré... Forte et charismatique, Oumou est passionnée par son pays. En femme moderne, elle fait le lien entre l'Afrique traditionnelle et celle plus cosmopolite d'aujourd'hui. Fidèle aux croyances qu'elle chantait à ses débuts, elle continue toujours de s'exprimer sur des sujets encore tabous, tels que la polygamie, le mariage des mineurs, l'amour charnel ou le rôle des femmes dans la société africaine. Dans Seya, album enraciné dans le style de sa région, le Wassoulou, mais irrigué de funk, sa marque de fabrique, Oumou Sangare atteint une sophistication, une maturité et un éclectisme auxquels elle n'était encore jamais parvenue. Comme dans ses albums précédents, elle en a écrit toutes les chansons, et tous les Maliens attendent impatiemment ce qu'elle va y dire, et comment elle va le dire. Femme à l'allure majestueuse, de près d'un mètre quatre-vingt et à la personnalité plus grande que la vie, Oumou la charismatique transmet ses messages par ses textes, sans pourtant jamais « prêcher » à son public, et elle reconnaît que les gens ne l'écoutent que si sa musique les entraîne aussi. Même sans comprendre les mots, sa voix est envoûtante.