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On entendra surtout des voix et des guitares dans l'album de ces tziganes roumains. Malgré les apparences. Car la plupart des "autres" sons – basses, percussions... – sont également produits par les bouches et les gorges des musiciens. Alors, certes, ici et là, l'accordéon mélancolique de Zoli, le plus grand accordéoniste du pays, ou encore les touches suaves de la contrebasse de Laci viendront répondre aux contretemps de la cruche ("Lina"). Mais ce qui domine l'univers sonore, c'est la joie de vivre qui passe par ces chants d'enthousiasme, ce swing porté par le rythme des cuillères ou du tambourin ("Párástouné"). Romano Drom ne joue pourtant pas la plus traditionnelle des musiques. Ici, l'intention n'a rien de folkloriste. Prenez "Pujári Szomász" ; la mélodie ressemble à ces couplets flamencos, la tristesse slave en plus. Quant à la guitare de Anti sur "Ustyi Tété" (une des plus belles de ces compositions sur le CD) elle semble venue des Balkans voisins. Des composantes multiples qui font de la musique de Romano Drom, avec le voile de la voix de Gojna, une forme d'expression significative et originale dans le paysage de son temps. --José Ruiz