"C?est d?abord une histoire de couleurs? il suffit de fermer les yeux? Je ne devrais pas en dire plus? Steve Swallow, qui est le coloriste que l?on sait, ne s?y est pas trompé? en quelques mots, il vous dit tout. Frédéric Monino est un instrumentiste précis, j?entends par là que chacune de ses notes compte. Technique, virtuosité, brio ne sont plus qu?un arrière plan lointain? tout s?estompe et s?efface devant la musique. Ici, on ne perçoit ni la trame ni le bâti? c?est la moindre des choses me direz-vous? Fallait-il le préciser, au sortir d?une époque où le démonstratif était devenu une règle obligée ? Des disques de « Jazz » il y en a tant, c?est devenu tellement facile? tellement « cousu de fil blanc ». Frédéric Monino « anti-virtuose » ? ? sans doute? et compositeur surtout. La basse, il l?utilise d?abord en instrument de musique? en instrument de composition. Un c?ur, ça ne bat pas en permanence à 200 à l?heure, ça ne cogne pas nécessairement comme un tambour, on n?est pas tenu d?en jouer avec les dents ! Frédéric Monino le prouve, c?est aussi une affaire de rondeur, de moelleux, de caresse, d?harmonie. Frédéric Monino ne confond pas « style » et « figure de style ». Je n?ai rien dit de ses compagnons de « meeting »? c?est injuste? d?autant plus que ce compagnonnage ne date pas d?hier ! Sans eux, sans cette adhésion, sans cette compréhension intime d?un univers musical singulier, la réussite n?eût pas été ce qu?elle est ici : absolue."Alain Raemackers