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Reprenant le mandat de Paolo Damiani, le guitariste Claude Barthélémy conduit l'Orchestre national de jazz tambour battant. Fidèle à ses préoccupations, le musicien mélange des influences aussi diverses que le jazz, évidemment (écouter sa relecture de "Wild Cat Blues" de Clarence Williams), certaine propension à l'écriture contemporaine (sérielle ?) et des accords de rock hérités des architectures complexes mis en place par Frank Zappa sur The Grand Wazoo. Les changements de rythme et de registres, bien qu'ils s'effectuent sans anicroche, s'enchaînent à 200 l'heure, servis par une configuration singulière et idéale pour ce genre de musique. La diversité des timbres est sidérante (Didier Ithursarry à l'accordéon et Vincent Limouzin au vibraphone apportent beaucoup), tandis que le son de ce grand orchestre, énorme, est en grande partie dû au redoublement fréquent des pupitres auquel Claude Barthélémy a recours, qu'il s'agisse des saxophones, des bugles ou, plus étonnant, de la guitare électrique (Alexis Thérain sur "Soudan" et "Nu Nu Blu") et de la contrebasse de Nicolas Mahieux par la basse électrique d'Olivier Lété (sur"Nu Nu Blu", encore). Bien sûr, l'ensemble n'a pas été pensé par instrument, mais en fonction de registres souvent croisés et d'une incroyable fraîcheur. Jamais Admirabelamour n'ennuie, ce qui est une prouesse en regard du contexte volontairement métissé et provocant de l'ensemble. --Hervé Comte