Critique
Après un premier single ("Sortez le soir"), l'ex-leader du groupe Montecarl publie un premier album, enregistré à New York en hiver 2000-2001, dont il a signé les textes, les musiques, la réalisation et sur lequel il a joué la majeure partie des instruments. Seul intrus : le romancier-réalisateur Vincent Ravalec (cf. Lavoine, Hallyday), coauteur de deux titres : l'excellent "La Ville", titre d'ouverture de l'album, et "3000".
Renouant avec la démarche underground, mais aussi avec le style adolescent et androgyne d'un Daniel Darc (Taxi Girl) ou d'un Bortek (Jad Wio), celui qui s'amusait jadis à apparaître sur scène en fourrure sans rien dessous, prouve ici qu'il n'a rien perdu de son sens de la provocation et de sa nervosité. De "Sentiments" à "James Bond Girl" (pour ne citer que les plus réussies), chacune de ses chansons nourries de Punk-Rock, de Jazz, d'Electro, voire de Garage, provoque chez son auditeur médusé – au-delà des maladresses inhérentes à l'exercice et de l'absence d'une véritable direction artistique – une jouissive montée d'adrénaline et une envie dévastatrice de semer un joyeux bordel. Histoire peut-être de retrouver une fraîcheur et une innocence quelque peu perdues, y compris chez nos jeunes rockers, bien trop souvent embourgeoisés et carriéristes avant l'heure. Suivez mon regard... -- Platine