Voici l origine vraie ou fabuleuse - des Variations Goldberg : L ambassadeur à la cour de Dresde souffrait d insomnie. Un jeune claveciniste, Johann Theophilus Goldberg, était chargé d apaiser l angoisse de ses nuits blanches en improvisant au clavecin. L angoisse persistant, le comte demanda à J.S Bach de composer une pièce qu il lui jouerait du crépuscule à l aube. Même fausse, la légende touche juste, car elle nous fait comprendre le caractère des Variations Goldberg, cette prolifération de notes à partir d une aria initiale. Trente fois l imagination s élance, pour atterrir à la fin sur l air du début. Mais est-ce vraiment une fin ? L instrumentiste pourrait rejouer le cycle en boucle jusqu au lever du jour. Bach avait écrit une sorte de conte oriental, dont les parties s emboîtent l une dans l autre, sans aucune indication de temps. Wanda Landowska les jouait en 47 minutes, le jeune Glenn Gould mit 39 minutes. En 1981, le CD permettant l ajout de reprises, en 51 minutes. D autres pianistes, depuis, ont étiré la partition jusqu à 80 minutes ! Cette liberté, cette dilatation dans le temps prouvent bien que les Variations Goldberg ne sont pas de la musique abstraite, mais un enchaînement de récits. L aria initiale, c est la voix même de Schéhérazade, et l auditeur, charmé, se croit transporté à Bagdad. Exceptionnellement, ce nouvel enregistrement est également disponible en Vinyl 180g