Critique
Dany Brillant a toujours chanté les jeux de l'amour et de la séduction, bien souvent sur des rythmes tropicaux, en bon latin lover fidèle à une image archétypale mais non moins sympathique. Deux ans après une excursion germanopratine revue par les rythmes latino-américains, le crooner embarque son fan club dans une croisière amoureuse en vaporetto, bordant les rives méditérranéennes.
Conçu comme une suite conceptuelle, Le Dernier Romantique a pour mission de réhabiliter le slow, ce face-à-face désuet d'une autre époque où la séduction passait autrement que par écran interposé. La nostalgie fait partie du personnage qui, en dix leçons, retrace les étapes plus ou mons jubilatoires de l'état amoureux. Si le slow enrobé de violons domine avec « Donne-moi (La prière) », « Le Dernier romantique (Un amour de jeunesse) » ou « Ferme les yeux (Le slow) », ce n'est pas toujours le cas.
Le mambo s'invite à la fête des coeurs réconciliés (« Viens dans mes bras (La dispute) »), le rock tendance bal populaire à l'explication de texte (« Tu me dis que tu m'aimes (Le faux amour) ») et le jazz lounge au réchauffement des sentiments (« Ce feu qui brûle dans nos coeurs (L'érosion des sentiments) »). D'un rythme à l'autre et en parfaite alternance, le chanteur-acteur de La Vérité si je mens 3 débouche un slow millésimé digne des années Carpentier (« Si tu pouvais vivre ta vie (Les regrets) »), suivi d'une reprise langoureuse de « Come Prima (Weekend à Rome) ».
Puis, en mal d'amour, le héros déchu confie sa déception dans un tendre et acoustique « Si j'ai mal (La rupture) »...en attendant des jours meilleurs. Vient alors l'apogée avec l'imparable tête-à-tête aznavourien de « Ferme les yeux (Le slow) », avant une conclusion en forme de bossa nova pour « La Première fois », qui se passe de sous-titres. Charmeur incorrigible, Dany Brillant n'en finit pas de faire le tour de sa passion.
Loïc Picaud - Copyright 2018 Music Story