« La musique est là pour faire entrer le message dans la tête des gens, comme une transe, un moyen vaudou ».
Voilà comment Louisy Joseph définit son nouvel album à l heure de présenter au public la suite du plébiscité « La Saison des Amours » (2008).
Dès 2010, après une tournée et les premières parties triomphales de Christophe Mae, l épisode 1 de sa carrière solo s est naturellement prolongé vers ce nouvel album « Ma Radio ». Louisy a travaillé sur ce nouveau millésime, sans idée préconçue, juste un besoin irrépressible d avancer en compagnie de ses talentueux musiciens : Olivier Reine (Guitares), Nicolas Marsol (Basse) et Antoine Mollard (Batterie). Louisy le dit simplement « Eux et moi on a ensemble un langage commun, évident ». Sans échéance précise, le noyau dur s est mis au travail.
Un fil conducteur entre pop, soul et reggae
Pour son nouvel opus, Louisy se livre aux mains expertes de Jean Lamoot (Izia, Bashung, Tiken Jah Fakoly...). Comme une évidence, le réalisateur trouve le lien, le fil conducteur entre les côtés pop, soul et reggae de l artiste. Et laisse le groupe tricoter en liberté, pour en tirer le meilleur.
Louisy s impose plus que jamais au centre de ce processus. « J ai une idée dans la tête, et les musiciens décryptent mon langage ». Aidée de sa guitare, de sa voix, elle est l auteur de plusieurs titres dont le single « Chante » pour lequel elle a également co-composé la musique. Portée par l intime et magique conviction d avoir quelque chose à échanger avec Tefa, un producteur de hip hop renommé (Kery James, Diam s, Kool Shen), Louisy s est nourrie de ses conseils. C est ce même Tefa, qui lui glisse les noms de Bim & Bost, maîtres du Reggae qui apportent la touche authentiquement roots de l affaire.
Continuer à empoigner la vie
En studio, la chanteuse se saisit de la plupart des textes. Et se fait, comme le reggae se doit de l être, militante. Ainsi se lit le vibrant «Le message de nos pères » : « J ai la sensation d avoir un besoin militant. Sans trouver une cause précise. J ai un besoin permanent de donner le sourire aux gens, mais aussi dresser des constats. C est un album pour tous les gens qui se débattent, mais pour les pousser à continuer d empoigner la vie. »
Se débattre, elle connait. En à peine dix ans de carrière, elle en a relevé des défis. Avancer sans plan B, c est ce qu elle revendique. Sur « Si on m avait dit », initialement écrite pour Alpha Blondy, elle met en avant ses doutes. « J aimais le groove du titre, et puis quand je l ai chanté, j ai eu les jambes qui tremblaient, j en ai pleuré »
Et quelle plus belle profession de foi que ce « Le Prix à Payer » ou Louisy balaie tout regret et assume tout son parcours ? Avec ici un clin d il au film favori de ses années teenagers, où la gamine des Minguettes, alors serveuse, regardait en boucle Queen Latifah et 3 comparses jouer les braqueuses de quartier.
Louisy a connu également des accidents sur le plan sentimental. Bien qu elle n aime guère s étendre sur le sujet, ces épreuves font partie de celles qui l ont construites, alors elles aussi trouvent place au menu. Sur « La bonne Personne » ou « La Tête dans ton Enfer », elle évoque alors des relations inspirées de son histoire personnelle.