Amazon.fr
Nouveau venu sur la scène française, Vincent Delerm a déjà l'étoffe d'un grand et un avenir certain dans la chanson. Fils de Philippe, auteur de la très savoureuse Première Gorgée de bière, Vincent a hérité du goût exacerbé de papa pour les détails et les petites choses de la vie quotidienne. Mais il a surtout été marqué par le cinéma, et plus particulièrement par des réalisateurs comme François Truffaut. Du coup, il n'a pas hésité à utiliser sa plume en guise de caméra, faisant de ses chansons de véritables petits films intérieurs. Seul au piano ou accompagné d'un quatuor à cordes, d'un basson, d'un cor ou d'un tuba, le jeune auteur-compositeur-interprète nous offre quelques portraits elliptiques ou comptes rendus drolatiques ("Tes parents", "La Vipère du Gabon"), sur fond d'ironie incisive ("Le Monologue Shakespearien"), d'humour dévastateur ("Fanny Ardant et Moi") et de tendre mélancolie ("Châtenay Malabry"). Pour ce premier album homonyme, Vincent Delerm a fait appel aux arrangements racés de Joseph Racaille et du pianiste de Thomas Fersen, Cyrille Wambergue. L'entrée très remarquée d'un artiste doué qui n'a pas fini de faire parler de lui. --Valérie Dupouy
Description du produit
VINCENT DELERM
Critique
Découvert en première partie de Thomas Fersen à La Cigale, Vincent Delerm (le fils de Philippe, auteur de La Première Gorgée de bière) est de ceux qui – pour notre plus grand plaisir – ne se résignent pas à quitter le climat trouble et cotonneux de la postadolescence : un état qui n'empêche pas ce faux romantique, à l'allure étudiante de rat de cinémathèque du quartier Latin, de poser son regard doux acide sur lui-même et ses contemporains avec une précision, une ironie et un sens de la narration remarquables.
Qu'il évoque ses rapports troubles avec une star de cinéma encadrée sur l'étagère du salon ("Fanny Ardant et moi"), le profond ennui ressenti lors d'une représentation théâtrale ("Le Monologue shakespearien"), le vide d'une maison devenue trop grande après le départ des enfants ("Châtenay Malabry"), les interrogations d'un type plaqué par sa femme ("Cosmopolitan", en duo avec Irène Jacob) ou l'appréhension d'un jeune homme disposé à bien des concessions avant la fatidique rencontre avec ses éventuels futurs beaux-parents ("Tes parents", premier single), ce nouveau venu fait mouche à chaque fois, tant par la diversité et l'originalité des situations évoquées, que par celle des angles d'attaque choisis. Par la distance nonchalante qu'il installe élégamment de son interprétation imparfaite et presque dérapante, on le trouverait même assez proche d'un Gainsbourg première époque.
Très fortement inspiré de l'univers littéraire (cf. "Catégorie Bukowski") et cinématographique (cf. "Deauville sans Trintignant"), cet auteur compositeur d'une grande maturité n'en néglige pas pour autant les mélodies, riches en atmosphères, admirablement fluides et élégantes, et servies avec rigueur par les arrangements intimistes de Cyrille Wanbergue. Un album bourré de charme et de personnalité, qui distingue Vincent Delerm comme une des révélations les plus marquantes de ces derniers temps. -- Platine