Critique
C’est à la suite d’une tournée en solitaire que Mathieu Boogaerts s’est voulu multi-instrumentiste, afin de poser les bases de ce quatrième album en studio. Il était naturellement surveillé comme le lait sur le feu par le producteur Renaud Létang (déjà présent pour
Super et
2000, mais également aux manettes des derniers albums en date d’Eddy Mitchell ou Jane Birkin), mais le chanteur a grosso modo assuré tous les pupitres (de l’orgue à la batterie), dans ce mythique studio Ferber, où Christophe enregistrait
Les Mots Bleus au siècle dernier.
Ensuite (et
seulement ensuite), sont venus une petite brigade d’amis (dont Albin de La Simone et ses claviers magiques). Et, ainsi,
Michel se promène. Si, dans un passé récent, Mathieu Boogaerts a tiré son inspiration du continent africain, il s’écartèle ici entre Barcelone et Berlin, entre la Catalogne frondeuse et une Allemagne en centre culturel européen.
Un peu de picking triste, quelques mesures désolées lorsqu’elle s’en va, des vœux pieux (« Je ne veux pas mourir idiot » dans
« Appelez les pompiers ») et le sentiment que, avec
Michel, Matthieu développe le talent de dire des choses pas agréables (sur la solitude, les dommages collatéraux de l’amour où les hommes qui finissent par se dévoiler), riche d’une langueur sensuelle que ne désavouerait pas un Brésilien comme João Gilberto. Un petit croquis, comme un coin du ciel.
Christian Larrède - Copyright 2019 Music Story