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Après la séparation du groupe Téléphone, suivra un long silence qui ne se dissipe, pour la bassiste Corine Marienneau, que lorsqu'elle se décide à enregistrer ce premier album éponyme. C'est une performance qui vaut d'être saluée : rien ne rappelle là les aspirations de Jean-Louis Aubert, bien que Louis Bertignac soit pourtant venu prêter main-forte à l'écriture des morceaux. D'emblée, le brin de voix de Corine, aussi sensuel que celui de Lio ou de la chanteuse de Paris Combo, enchante. Quant à l'atmosphère générale, elle s'avère variée, constamment servie par des mélodies accrocheuses et des mots simples qui rendent compte avec justesse du sentiment amoureux comme du monde qui nous entoure. Des ballades évoquent les problèmes de couple, le vieillissement ; d'autres morceaux, la condition des sans-abri. Simple et pudique, l'ensemble séduit, dévoilant au passage la maturité d'une ex-égérie du rock hexagonal. Toutefois, son adaptation de "La Marseillaise" n'est guère convaincante : il semblerait que seul Gainsbourg et Albert Ayler pouvaient s'y attaquer. --Hervé Comte
Critique
C'est en 1986 que s'est séparé officiellement le groupe rock N°1 français des années 70 et 80 : Téléphone. Depuis, si Aubert a réussi à faire exister ses cinq albums solos, son alter-égo, Louis Bertignac, entre son groupe de Visiteurs et ses disques solos, a bien du mal à être reconnu. Il faut dire que les compilations de Téléphone (et même le coffret sous forme d'ampli) n'ont fait que de petits scores. Alors si le passé auréolé ne se vend pas, que peut-il en être du présent ? Le rock n'est-il pas une musique nostalgique ? Il faut croire que non.
C'est peut-être pour cela que Corine s'en est vraiment éloignée pour ce premier album solo. Ou alors parce que la rock-attitude est une histoire d'ados. Même avec l'apport de Louis Bertignac - qui a co-signé quasiment tous les titres, joué de la guitare, et assuré la réalisation avec Marc Berthoumieux, on est loin des riffs de basse que Corina, Corina assénait au temps des seventies rugissantes.
La presse rock s'en plaint (Aubert et Kolinka doivent en sourire...), pas nous. C'est vrai que le textes sont un peu gentillets, mais les ambiances et surtout la voix de la chanteuse (qui n'en était pas une à l'origine) peuvent être qualifiées de ravissantes. Country-folk (l'excellent "Elle est là"), variété (la valse "L'étranger", "Les hommes que j'aime"), ou Rock-FM ("Qqjtm" très inspiré du "Pas toi" de Goldman), les titres acoustiques utilisent l'harmonica, les guitares et ça tourne plutôt bien. Si on trouve une reprise de Stephen Stills, "You Don't Have To Cry", l'album s'achève sur "Berceuse" qui est en fait la reprise de "La Marseillaise" de Rouget de Lisle. Osez, osez Corine... et assumez cette variété dans laquelle vous êtes désormais (on vient forcément un jour à la mélodie, origine et finalité de toute musique)... Et vous, cher lecteur, mettez une (ex-)tigresse dans votre lecteur... (A.B.) -- Platine