Critique
S’il faut des pistes, on peut tenter d’imaginer un croisement entre Radiohead (pour l’innovation électrique), Johnny Cash (pour la tradition enracinée), et Cat Power (pour la sensibilité à fleur de peau).
Enregistré en deux semaines dans la capitale de la country (Nashville, Tennessee),
Heartbreaker (d’après le hit single de Mariah Carey), profondément inspiré de l’histoire d’amour du chanteur et de la comédienne Carrie Hamilton, et qui accueille la chanteuse Emmylou Harris, et le déjà fidèle ami guitariste et producteur Ethan Jones, s’avère en fait un authentique travail d’équipe.
Les compositeurs et guitaristes Gillian Welch et David Rawwlings ont en effet largement contribué à offrir au disque le caractère ancestral d’un bluegrass millésimé, permettant ainsi à Adams de prendre ses distances avec un rock qui a marqué les débuts de sa carrière. L’Américain fait ainsi démonstration de ses qualités intrinsèques de chanteur, et fait preuve à plusieurs reprises d’un humour et d’une chaleur humaine qu’on ne lui supposait pas. Du point de vue du travail de composition, cet album constitue également l’occasion de liquider peu ou prou les élans de colère irraisonnée qui nourrissaient ses premiers enregistrements au sein du groupe Whiskeytown.
Comme l’annonce assez limpide d’une maturité en devenir,
Heartbreaker se fraiera un parcours sympathique dans les charts américains de rock indépendant, et s’autorisera même une incursion (183
ème position) dans les classements britanniques.
Christian Larrède - Copyright 2019 Music Story