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Deux ans après Showbizz, opus qui propulsa Muse aux avant-postes des hit-parades et leur ouvrit les portes de la gloire, le trio affronte le dur exercice du deuxième album. Catalpulté fer de lance du renouveau de la pop anglaise en compagnie de Travis et Coldplay, Muse n'en consulte pas moins allégrement les archives du rock. La musique du combo étirée par les accents célestes de Matthew Bellamy, émule de Thom Yorke ou Jeff Buckley en version allégée, mêle puissance et expérimentation. Et les onze titres de Origin Of Symmetry, même retaillées par un binôme de producteurs talentueux, les fameux John Leckie et Dave Bottill (responsable du meilleur de Deux), n'évitent pas toujours le piège de la grandiloquence. Émules du rock héroïque de leurs aînés, école U2, les trois jeunots de South Devon s'attachent à masquer leur ferveur juvénile sous des effets tarabiscotés. Entre une petite cantate jouée au piano, quelques nappes de claviers psychédéliques ou une guitare flamenco, Muse construit une pop rock au romantisme exacerbé. Enfiévré et onirique. --Sabrina Silamo
Critique
Néo-rock. Voilà typiquement le genre de groupe qui se dirige droit dans le mur de l'incompréhension générale ! Que jouent-ils ? Du rock basique et bruyant ? Du Rachmaninov sous acide recyclé soixante dix-huit tours ? Du low-fi pour étudiants des beaux quartiers ?! Un peu tout ça et surtout bien plus, tellement leur profonde volonté de ne pas être un simple groupe de plus saute aux tympans les plus blasés (pas nous, donc) : in-clas-sables ! Et la balbutiante histoire du journalisme rock a trop souvent démontré que les inétiquetables "sans références" étaient jetés aux orties sans ménagement. Le plus impressionnant, chez Muse, est sans doute ce mélange aussi explosif qu'improbable entre lyrisme et punkitude. À partir de riffs stridents et ravageurs, ils amènent des mélodies magnifiques, subtiles et recherchées. En embuscade pas si loin derrière du vrai et beau bruit rock'n'rollien comme on n'en avait pas ouï depuis un moment, des chansons bouleversantes s'imposent sans effort. Une magie de composition si exceptionnelle qu'on a du mal à l'attribuer à de si jeunes et modestes individus. Matthew Bellamy, chef d'orchestre de cette symphonie pour scies électriques et violons du bal (masqué), sait à tel point ce qu'il veut, qu'il est déjà (voir échos dans la presse anglaise) victime d'un ostracisme peu inspiré de la part de ses moins jeunes collègues, mais néanmoins également débutants. Ils ont peur La guerre de Muse pour plus de Beauté ne fait que commencer et ses Partisans ne le savent que trop. - 11 titres, 52m 21s - -- Compact