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En activité depuis une décennie, les six Anglais de Tindersticks ne montrent aucun signe de lassitude. Après avoir composé les B.O. de deux films de Claire Denis (Nenette et Bony et Trouble Everyday), avoir frotté leur mélancolie sophistiquée aux cordes d'un véritable orchestre, la bande de Stuart Staples, enterre le souvenir négligeable de Simple Pleasure sous les accents soul de Can Our Love. Avec ce huitième album, les Tindersticks, collectif de virtuoses et de compositeurs d'exception, lorgnent cette fois du côté de Isaac Hayes, Curtis Mayfield ou Bobby Womack pour nourrir leur mélodies aux tempos feutrés d'une suavité ravageuse. Propulsé par le vibrato de baryton de Sir Staples, crooner à la retenue victorienne coincé entre Nick Cave et Leonard Cohen, les titres de Tindersticks s'entortillent autour de subtils arrangements de pianos, de violoncelles et de violons ("Dying Slowly") titillés par la production raffinée du francophile Ian Caple (Kat Onoma-Autour de Lucie-Bashung). La sensualité à la trompette bouchée abreuve le groove du sextet qui oscille entre une ambiance digne du Velvet "Don't Ever Get Tired" et une évocation dévitalisée de Marvin Gaye. Avec Can Our Love, Stuart Staples découvre qu'il veut ressembler à Al Green tout comme Nino Ferrer voulait être noir. Le charme désuet et le bon goût britannique en plus. --Sabrina Silamo