Amazon.fr
Voilà le genre d'album qu'il faut faire écouter à ses amis au cours d'un blind test. Ne serait-ce que pour le plaisir de voir s'afficher le désarroi sur le visage de ceux qui ne le connaîtraient pas encore et risqueraient de lâcher, après s'être mûrement concentrés sur le premier morceau, le sublime "Innerself" : "Serait-ce un inédit de Jeff Buckley ?". Car, il faut bien l'avouer, depuis la disparition de ce dernier, rarement on a entendu chanteur aussi virtuose. Puis, au fur et à mesure que les morceaux défileront, les noms de Jay-Jay Johanson et Thom Yorke de Radiohead – que le patronyme de la formation évoque d'ailleurs – pourront être prononcés. Le désarroi sera certainement plus immense encore lorsque vous apprendrez à ceux qui ne manqueront pas de donner leur langue au chat qu'il s'agit d'un groupe... français !!! Son leader, Nicolas Leroux, tutoie les nuages (et les anges) avec une troublante décontraction, propulsé par des musiciens diaboliques qui ne sort! ent pas de nulle part, puisqu'ils ont épinglé St Germain et Air sur leur CV. Cela importe peu d'ailleurs. Nicolas Leroux a bon goût : il cite Scott Walker, Joni Mitchell, David Sylvian ou John Martyn parmi ses influences. Une première autoproduction l'avait fait remarquer par les bonnes fées de l'industrie du disque. Ce premier opus officiel devrait installer Overhead au sommet. Tant il est vrai que la fin de "You Call It Love", à écouter en boucle, ressemble à ce qu'est l'apesanteur. --Hervé Comte