Bonne nouvelle pour la chanson française : avec son singulier premier album, Arlt montre enfin le bout de sa Langue. «Arlt relie l'esthétique punk primitif du Velvet Underground à un sens de l'écriture très développé, percutant et classique en même temps. Imaginez Leonard Cohen en chanteur du Velvet U n d e r g r o u n d , ou bien Serge Gainsbourg et Nico ayant passé des années à développer un duo. Arlt fait des chansons immédiatement accueillantes, aux arrangements bricolés, étranges et vitaux, conduisant à leur monde rêvé de beauté dérangée.» BRYCE DRESSNER / THE NATIONAL Objet atypique aussi résolument éloigné des canons de la chanson française que des clônages pop ordinaires , le premier album d'Arlt, intitulé « La Langue », a été réalisé en compagnie de Mocke, le guitariste et songwriter du groupe Holden et arrangé partiellement par Bertrand Belin. C'est un disque instable, e x c i t a n t , my s t é r i e u x , enregistré dans des conditions proches du live. C'est traversé de fantômes et pourtant tout entier tourné vers le vivant, célébrant sur tous les tons le trouble et l'étonnement. Composé d'Eloïse Decazes (chant) et de Sing Sing (chant-guitare), le duo Arlt joue des chansons biscornues, aussi primitives que sophistiquées. Elle, hallucinée, rêveuse, incantatoire, oscillant sans cesse entre ultra présence et disparitions surréelles et lui, simiesque, titubant, électrocuté, opérant sans prévenir de brusques allers retours entre désinvolture et nervosité. Ils surprennent, charment, agacent, ne se laissent pas apprivoiser. En quatre ans, Arlt a joué dans tout type de lieu, bistrots, appartements, librairies, salles de concerts de tailles variées, en festival, en première partie, en tête d'affiche : en France et à l'étranger (Belgique, Portugal, Canada, Norvège, Irlande, République Tchèque, Etats-Unis). Leur caractère à part les tenant à l'abri des chapelles et des genres, ils ont été remarqués, soutenus et invités à partager l'affiche avec eux par des artistes aussi exigeants et divers que Joséphine Foster, Spires That in The Sunset Rise, Eric Chenaux, Norberto Lobo, Red, Bertrand Belin, David Garland ou The National.