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Richard Buckner ne cherche jamais à dissimuler son insondable pessimisme. Les profondeurs sombres de son désespoir prennent ici le titre de l'album, Impasse, comme dans "Voix sans issue", la sienne. Le ton en est donné dès la première vignette, une sobre et courte chanson claustrophobique, où le timbre de Buckner se fait étouffant. Cette tristesse endémique n'exclut pas la beauté fascinante de l'écriture et de l'interprétation de l'artiste, qui assure notamment des guitares de premier plan, acoustiques et électriques, et avec un twang country digne de Duane Eddy ou de James Burton ("Were You Tried & Not As Though"). Ce cinquième album se justifie dans la séquence des plages, strophes d'une aventure qui se décline en morceaux de transition ("A Shift", "Impasse"…) où l'artiste laisse les notes (clavier, guitare slide) pour apaiser, réchauffer peut-être, une atmosphère qui globalement peut vous glacer, quand même. Avec cette voix susurrée ou plaintive – on pense à Jay Farrar de Son Volt –, Richard Buckner crée ici une musique qui captive par son dépouillement et son austérité. Malgré les synthés, malgré ce fourmillement discret ("I Know What I Knew"), Buckner apparaît comme un homme à vif ; et Impasse comme un journal ouvert. On s'y plonge, fasciné. --José Ruiz