Critique
Il faut souvent de nombreux albums à un artiste avant de réussir à s’imposer de manière évidente et incontournable. Andrew Bird aura attendu un premier effort auto-produit et trois disques en groupe avant de s’affirmer en tant que songwriter capable de presque tout gérer avec un certain brio.
Premier vrai album solo digne de ce nom,
Weather Systems est avant tout un disque d’americana à la fois musicalement sobre et finement arrangé emmené par une voix calme et un violon placé de manière subtile. Autant d’ingrédients donnant naissance à des moments intenses comme ceux offerts par «
Lull » ou encore «
I », titre qui aura droit à une variation deux albums plus tard («
Imitosis » sur
Armchair Apocrypha). Reste le magnifique et énigmatique «
Weather Systems », morceau ayant donné son nom à l’album. Une pièce longue de plus de six minutes sur laquelle plane un violon à la fois inquiétant et poétique empruntant autant à la musique classique qu’à l’indie folk. Une chanson qui n’est pas sans rappeler l’esprit dans lequel compose un certain Rufus Wainwright.
Andrew Bird signe avec
Weather Systems ce qui sera sans nul doute considéré comme son meilleur album, titre qu’il partage avec
The Mysterious Production of Eggs. Quand Fargo décide de sortir le disque en Europe au cours de l’année 2004, il ajoute le titre «
Sovay », une véritable perle alors seulement disponible en single avant d’atterrir sur l’album suivant. Unique,
Weather Systems est un album de folk qui a su renouveler un genre sans en trahir les fondements.
Guillaume Ley - Copyright 2019 Music Story