Critique
Alors que le folk-rock élégant et de Minor Majority, épuré en studio, fougeux sur scène, remplit les plus grandes salles de concerts de Norvège, le groupe est encore malconnu en France. Au lieu de se perdre en invectives à l'encontre des critères de l'industrie du disque de chaque pays, louons l'initiative commune du label Norvégien, Sonet, et du label français, Vicious Circle, chargé de la promotion Européenne du groupe, d'avoir décidé de pallier ce manque d'éclairage médiatique en concoctant Candy Store.
Car ce n'est pas un manque de qualité qui est à l'origine de ce manque d'intérêt. Comme le prouve les albums, tous impeccables et indispensables, du quintette d'Oslo, fragmentés ici.
Cette double compilation, sortie fin 2007 en Norvège et en février 2008 en France, propose donc sur un premier CD (appelé Side A) un best-of de seize des titres les plus représentatifs du son de Minor Majority, qui, il faut l'avouer n'a pas subit de bouleversement majeur depuis la création du groupe en 2000. De la pop raffinée de « Supergirl » (extrait de l'album Reasons To Hang Around, il a été l'un des morceaux les plus diffusés sur les radios norvégiennes en 2006) aux duos romantiques mais jamais pleurnichards avec la chanteuse Karen Jo Fields, complice du groupe depuis toujours (« Dancing in the back yard »), la voix et les compositions de Pål Angelskår, version lumineuse d'un Stuart A. Stapples, atteignent un équilibre qui touche à la perfection.
La face B (le second CD) est dédié aux aficionados qui trouveront des inédits, comme le superbe titre rock-country « Henry's Fuck Up », des démos comme « Don't Say You Love Me » ou quelque chutes (la plus insipide et mièvre « Somebody's Else's baby ») qui combleront leur appétit. En attendant la sortie probable en 2009 d'un cinquième album.
Anne Yven - Copyright 2019 Music Story