Edvard Grieg (1843-1907) : Sonate, Improvisations, Pièces sans opus, Marche Funèbre, Scène de la vie populaire.
Si Grieg se recentre sur les petites formes après avoir tâté de la forme sonate, il y a deux raisons: d’une part, il n’est pas à l’aise dans le développement, technique qui le bride dans ses élans poétiques et d’imagination; d’autre part, le travail de variations dans lequel il s’épanouit est aussi le mieux adapté au matériau populaire, dont les phrases courtes se répètent, se juxtaposent, mais sans jamais aller jusqu’au développement. Il s’agit peut-être aussi d’une caractéristique culturelle norvégienne, comme le laisse entendre le compositeur dans une lettre à son éditeur en 1889: “Nous sommes des Germains du Nord, et nous partageons avec tous les Germains une forte propension à la mélancolie et à la rêverie.