Critique En seulement dix ans de carrière, Oxmo Puccino signe un cinquième album, autant qu’IAM, un de plus que NTM, et qui peut prétendre qu’il se répète ? Après Lipopette Bar, il a enrôlé les tauliers pour l’aider à franchir une nouvelle étape, mais la couleur ici est nettement plus proche de l’esprit hip-hop. Le rap organique offre un choix restreint, de The Roots à Hocus Pocus, on retrouve un sens commun, très seventies, dans une ligne héritée de Gil Scott-Heron. Puccino n’est pas dans cet univers, ses jazzmen sont des musiciens qui pratiquent l’ouverture et le descriptif, proches en cela des musiciens de films.Il y a donc dans cet album une fluidité et une sophistication qui flattent le flow toujours chaleureux du rappeur, qui néglige ici son légendaire pessimisme pour livrer des textes intimes, d’un observateur passionné des relations humaines, qu’elles soient au sein d’un couple ou d’un groupe d’individus. À l’opposé du nivellement par le bas des Cht’is, « Soleil du Nord » est un exercice tout en émotion, comme l’est l’ordinaire de ce disque qui parle à l’oreille. Les refrains enjoués de Sly Johnson (Saian Supa Camille) sur « Partir 5 mn » et « Tirer destraits » devraient en faire des tubes si les radios avaient le souci du bonheur des gens. Quant à « Sur la route d’Amsterdam », en compagnie d’Olivia Ruiz, et en hommage à peine déguisé à Jacques Brel, il découvre encore une nouvelle facette d’Oxmo Puccino, en chanteur à texte digne de l’héritage des pères fondateurs. Sa richesse de vocabulaire est légendaire, et rend au genre des lettres de noblesse plus enluminées que les fameux tenants de la nouvelle scène française, trop souvent aussi prévisibles que les auteurs de l’autre côté du périph'. À ce niveau de réussite, on ne parle plus de carrière mais d’œuvre.Jean-Eric Perrin - Copyright 2019 Music Story Description du produit « L'Arme de Paix » résonne comme un manifeste. 10 ans de carrière. 5 albums. Oxmo Puccino est un artiste, un vrai, de ceux qui sont passionnés par les mots, la musique et qui sont attentifs aux autres, à leur vie, leurs préoccupations, leurs rêves. En décembre dernier, Oxmo publiait sur son site « Envahis d'images, de vidéos, de musique de toutes sortes, nous ne sommes plus touchés. Je pense simplement que nous avons oublié de rêver, de s'imaginer ». C'est le postulat de départ de ce cinquième album qui évoque une envie de partager avec le public des sentiments, des émotions, sans artifice...