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Égérie de Fassbinder et d'Eustache, désormais immortalisée par son compagnon "goncourtisé" Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven accompagnée du pianiste Jay Gottlieb laisse traîner son accent las et son humour pince-sans-rire sur une douzaine de chansonnettes tendances "Je suis seule ce soir avec ma peine et mes machines IBM". En allemand, en français ou en anglais, Dame Caven reçoit dans le confort anachronique de sa Chambre 1050 les hommages de quelques compositeurs, Peer Raben, Mozart, Erik Satie, Arnold Schoenberg, John Cage ou Luciano Berio, et de divers auteurs, Schuhl, Léon Paul Fargue, Oscar Wilde et James Joyce. Des compagnons de choix qui décorent son intérieur charmeur, dans lequel Ingrid Caven valse entre Barbara et Brigitte Fontaine, Marlene Dietrich et Édith Piaf, aux couleurs intemporelles d'un cabaret à Marienbad. Des intonations singulières sur des rimes éternelles et La Caven, chic et tragique, disparaît, happée par le passé, propulsée vers l'avenir. --Sabrina Silamo