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La démarche du duo frôle l'ascèse, offrant un disque d'errance pétri de lenteur et de répétitions qui sont comme autant d'atermoiements inquiets tendus vers des espaces sans fin. De son côté, Philippe Saucourt est un fan de folk, de Neil Young notamment, et ses chansons boisées, à la base très ouvertes, offrent la trame idéale à Bruno Fleutelot, féru d'electronica et de groupes de kraut rock, qui les retravaille, épaississant leurs orchestrations, en installant çà et là quelques boucles hypnotiques et samples piqués dans sa discothèque. Le résultat est à la hauteur des espérances que nourrit la méthode : le disque est doux et, paradoxalement, d'une grande froideur, un peu à l'image de cet autre grand album d'hiver qu'est le Vespertine de Björk sorti quasiment en même temps. Le soundwriting fournit à Piece Of Mind ses atours sans être pour autant une méthode convoquée au chevet du songwriting qui n'a rien de souffreteux. L'équilibre fragile de cet opus dressé sur la corde raide tient de l'état de grâce. À découvrir. --Hervé Comte
Critique
Country hexagonale. Écrit ainsi, cela sonne légèrement péjoratif et pourtant il n en est rien : ce second album du duo parisien qui se cache sous le patronyme d Oboken est une franche réussite qu on situera sur la route longue et poussiéreuse qui relie les élucubrations de The Band Of Rocky Blanchette aux tranquilles expériences de Sparklehorse. Le dépaysement est assuré et, si vous n êtes pas du genre à consulter les notes de pochette, vous serez persuadés d avoir à faire à d authentiques rednecks clamant l amour de leur pays et de leurs étendues sauvages, Bruno Fleutelot et Philippe Saucourt étant loin d être les premiers venus. Ils ont surfé habilement sur les vagues new wave et alternative avant de savoir vraiment ce qu ils désiraient faire de leur talent évident, à savoir Oboken et sa musique aérienne (dans le bon sens du terme) qui vous raviront sans jamais vous surcharger - 14 titres, 51m 23s - -- Compact