Amazon.fr Méconnu, en dépit d'un talent indéniable, Éric Charden a aujourd'hui totalement rompu d'avec les mélodies sucrées qui accompagnaient ses célèbre duos avec Stone. Ce nouvel album, réaliste, parfois désenchanté mais toujours finement conduit, fera immanquablement penser à un certain Alain Bashung, à ceci près qu'il y a, sous les mots d'Éric Charden, ce on-ne-sait-quoi qui transporte tout dans son univers, un verve qui navigue entre une douce violence et une beauté explosive mais qui ne se découvre que lentement, peu à peu, au fil des écoutes. L'écriture imagée, impulsive et émotionnelle du bonhomme nous balade dans son univers, entre un monde moderne aux tristes réalités et un ailleurs improbable, onirique et rêvé. Accompagné par son éternelle guitare, secondé çà et là par quelque batterie discrète ou quelques notes de basse ("Les Bourous"...), l'artiste y met nos vies en musique, à l'image du superbe "La Vie de Pounjah Bourou". Et pour les nostalgiques, il pose le titre "Stone et Charden" bourré de références aux titres d'antan : "Stone un peu blonde/Charden un peu blême...". Pour les nostalgiques autant que pour les autres, il est grand temps d'écouter ! --Toma Critique On ne va pas vous raconter la carrière de Charden, car Platine vous en offre en ce moment la discographie... Sachez cependant que cet album est le premier d'Éric depuis le retour de son duo avec Stone en 1996, suite à la compilation initiée par Platine... D'ailleurs, si le chanteur Éric se prête volontiers au jeu de la nostalgie des années pattes d'éph, le créateur Charden est vraiment passé à autre chose... La preuve dans ce disque où il a composé douze nouvelles musiques sur des textes d'un auteur tibétain contemporain du XXe siècle ; se rapprochant ainsi de sa maman venue de ce pays et aujourd'hui disparue... Parmi les grandes chansons, il y a notamment "J'vous dis je t'aime", qui a indirectement donné son titre à l'album, et qui serait un extrait d'une comédie musicale à venir, Angel an Angel, tout comme "Un ange", un autre titre majeur. Si onze textes sont donc de Pounjah Gourou (alias Brian Mu), et sont écrits avec beaucoup d'humour ("Betty Boom", Stone et Charden avec la voix d'Annie), le dernier, "C'est doux", est dû à Jean Aptal (dommage qu'on ne les trouve pas sur le livret). Les arrangements (de Franck Authié) sont plutôt réussis, notamment grâce à de vraies cordes (confiées à Jean Mora), celles de Karen Brunon (ex-complice de Keren Ann et Benjamin Biolay) et de vrais cuivres... En bonus, deux reprises : une des années 70 "Pense à moi" et une des années 60 "Le monde est gris, le monde est bleu"... plus présentes en plages 13 et 14 pour le marketing que pour la cohérence. Le livret est illustré de photos intimes : notre ange Gabrielle Hufenbecher-Charden (remember ITB Berlin !) ainsi que son dernier bébé... Espérons que ce Magnifique mensonge vous permettra de découvrir la splendide et insoupçonnable vérité : Charden est toujours un grand compositeur doublé d'un interprète au grain de voix qui se bonifie avec les années... -- Platine