Critique
Certes, l'originalité de Pony Pony Run Run ne s'impose pas immédiatement. Mais cette power pop d'influence
eighties est rehaussée d'un je ne sais quoi de cette French touch qui séduit à tous les coups, ou presque.
You Need Pony Pony Run Run est un délicieux point d'équilibre entre une électronique froide, proche de la new wave, et une pop au contraire chaleureuse et entraînante.
Frédéric Lo, qui a produit des disques de Daniel Darc ou de Stephan Eicher, a su distiller son élégance presque implacable, donnant à cet ensemble acidulé voire ludique un aspect beaucoup plus complexe. Des titres comme «
Out of Control » ou l'excellent «
Cherry Love Brasil » (qui fait beaucoup penser à Etienne de Crécy) s'avèrent bien plus sombres qu'ils n'en ont l'air. Le chant de Gaëtan, rappelant les crooners des années quatre-vingt, y est aussi pour quelque chose. Le tout sans susciter aucun sentiment de lassitude, bien au contraire.
Cet enthousiasme à explorer les côté obscurs de la musique populaire devient contagieux, et offre surtout une parfaite cohérence à l'ensemble des onze morceaux de Y
ou Need pony Pony Run Run. « Notre culture, c'est ce qui passait à la radio, des trucs bons, des trucs un peu choquants, confirme Pony Pony Run Run. Un mélange de culture dance et de rock, des trucs très mainstream puis des trucs beaucoup plus pointus. On aime tout. Pas de notion de plaisir coupable chez nous ». Résultat: des bonbons comme
« Hey You » ponctuent allègrement l'album.
Enfin, Pony Pony Run Run a le rythme dans la peau, un rythme ultra contrôlé, qui pourrait bien ne jamais s'arrêter, et qui transporte chaque chanson, et l'auditeur avec.
You Need Pony Pony Run Run ? La réponse est oui, assurément.
Sophie Rosemont - Copyright 2019 Music Story